Automne

Ô comme un arbre dont les fruits et fleurs,
Chaque printemps,
Changeraient de taille, de forme et de couleur…

Je, recommence, autrement.

Si le soleil reste tandis que le tronc gronde,
Pluies, beaux temps,
Le vent vient follement et les feuilles tombent…

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La Théologie du Perroquet

I.

Fleur, nuage, clairière, chêne, renard, bateau,
Je récite seulement l’enfance de chaque mot,
Les lueurs de la magie du Très-Haut.

II.

Ami de la gare, misère, épave, jeune mort,
Toujours on boit et on mange et on dort,
Comme ici chaque nuit il fait froid dehors.

III.

Ô Marie mère de la maternité,
Aimer, aider, prier, porter – Beauté,
N’est-ce pas toi qui berça le Crucifié ?

IV.

Jeune était ma maman qui l’était hier,
Déesse de mon besoin d’amour moins fier,
Devenue princesse de l’aide financière.

V.

Quelque fois mon coeur bat à pas de chat,
Le matin des souvenirs pleins les lilas,
Au sortir des rêves fumant le tabac.

VI.

Dans la rue, le froid, les phares, cinq heures quart,
Morceaux de sucre bleu sur le comptoir,
Maigret lit la Tamise brune de s’asseoir.

VII

Vert illuminé de la noire saison,
Fenêtres orangés derrière les buissons…
Noël en rouge et or de la maison.

VIII.

Danse délicat, danse triste trèfle, ô fou de dieu, danse,
Je ne connais les êtres que dans l’errance,
Non personne n’est plus qu’un quelconque qui pense.

Prêche du Métropolitain

Nous sommes réunis,
Mes frères et soeurs,
Par quelques villes,
Dans certaines rues,
Sur certaines lignes.

Nous portons le monde,
Mes frères et soeurs,
Sur nos visages,
Dans nos langages,
Par nos envies.

Nous les séparés,
Mes frères et soeurs,
À la dérive,
Sur certaines îles,
Par certains drames.

Nous sommes une conscience,
Mes frères et soeurs,
Dans le temps
Par amour
Pour la création.

Nous sommes rien et tout,
Mes frères et soeurs,
Sur certaines lignes
Par certaines rues,
Dans quelques villes.