Éloge à la Folie

Dans la gare de Sarajevo,

Un pigeon glisse
Sur les dalles de faux-marbre rouge.
Il atterrit
Avec la légèreté d’un rayon de soleil
Dans le grand hall.

Princesse Xena
Transforme ses névroses en cendres.
Elle réfléchit
Dans la profondeur de l’irréversible
À ce qu’elle fait.

Aquarium
Les voix résonnent dans le grand hall.
Il amplifie
Des bruits de pas le cliquetis d’une tasse un appel
À l’éternel.

Coca-Cola
Une fresque pétille de couleur.
Elle accueillait
Les voyageurs Yougoslaves avec un ourson
‘Dobrodošli !’

Jardin de fou,
Les corps s’épanchent comme à la plage.
Ils s’approprient
Le hangar coloré de jeux et de sucres
En marginaux.

Ô Marlboro
La femme en fichu fleuri fume.
Elle établit
En discours à table comme une ancienne mercenaire
Ses amertumes.

Un poème flotte
En poussière de temps suspendus.
Il adoucit
La plume déjà douce de la caresse du soleil
Dans le grand hall

De la gare de Sarajevo.

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Rue Henri Maubel

J’aime le calme

J’aime calmement reprendre le chemin du lent
J’aime revoir cet arbre, ce salon, ce balcon
J’aime revoir vos visages durables
J’aime à aimer – même malades

Parce qu’on est tous psychiquement instable
Parce qu’on est chic, parce qu’on est diable
Parce que c’est dur d’être l’étoile du Nord
Parce que chaque jour se susurre la mort

Parce que l’on meurt

Poème de la House

Personne n’a senti ce courant d’air froid
En dessous de la lumière et au dessus du son
Ce courant d’air froid que personne n’a senti
Est passé entre la gestuelle et la mimique

Hypnotisé par la danse tribale sur la house music
En dessous de la lumière et au dessus du son
Personne n’a senti ce courant d’air froid
Qui passa entre la gestuelle et la mimique

 

Rue de Venise

Dieu est un monstre qui relie tout dans sa conscience tentaculaire
Et le carrelage bleu clair et l’appel de Luca et le soleil de l’hiver
Et le lion qui pourrait être là en forme de peluche sur le séchoir
Entre la plante grasse sur l’appuie-fenêtre et les trois tomates.
Mais il n’est pas là c’était une image que je trouvais nécéssaire,
Parmi  tant de voluptés et de minauderies appartementales
D’un Luxembourgeois littéraire dont on emprunte le sédentaire