24

Reprends-moi,
Peut-être ?

Si tu as peur,
Depuis le balcon,
Penchée à la fenêtre ?

Si tu le veux,
À la table grise,
Couchée sur le parquet ?

Je n’ai pas d’autre mensonge
Que mon ignorance de bonze,

Mais tu es la première,
À avoir bercé mon être,

Et pour cela,
Il t’appartient.

Paris Match

Viens,

Allons marcher,
Les saints-de-glaces sont passés,
On s’arrêtera là où les libellules se plaisent,

Vas-y,

Prépare l’escorte,
J’ai la boussole et l’idylle,
On sortira d’ici comme on se lève d’une chaise,

Allons,

Grande Randonnée,
Sur n’importe quel vieux sentier,
On dormira là où les fleurs sauvages se taisent,

Putain,

Bruxelles-La-Folle,
Est une blague dans un asile,
On ne parlera plus d’être caissier chez Delhaize,

Divins,

Revigorés,
L’Iris clair – visage bronzé,
On discutera de l’ombre bleue sous les mélèzes,

Vois-tu,

Première lueur,
Au réveil dans la clairière,
On foulera la rosée sur l’herbe grasse de la glaise,

Ma mie,

La nuit tombée,
Je ferai un feu sacré,
On lui donnera tout ce que le jour nous a fait d’aises,

Partons,

Le temps sans heures,
N’est qu’à un jet de pierre,
On fredonnera Le Vent Nous Portera de Noir Dés’…

Quatrain du Printemps

I.

Jeunes enfants, nous aurions joué ensemble
Aujourd’hui tu es sur un banc – tu médites
Et je passe sans un regard et sans un geste :
J’allais, baladant, dans la forêt de Soignes…

II.

Deuxième enfance qu’est le premier amour :
L’inimaginable stabilité de la marche,
Pouvoir reposer son regard loin dans la rue,
Au dessus de son propre trop bel espace…

III.

Surgît soudain l’image d’un vécu-hasard :
Surprise, victoire, et puis – acquiescement,
C’était bien cette sensation-là, mon corps,
Tu avais les bras acides, le torse lumière…