Portrait Intérieur

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Compagne rythmique, esquisse de paupière, criée de silence…
J’ai recueilli trois naines assises :
Leurs mains faciles étaient immenses !
Elles picoraient le ciel tel d’insoucieuses verveines insoumises.

 

 

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Poème de l’Autostop

Quand je m’endors,
Je m’imagine être dans une grange,
Et je m’endors tout habillé, sans couvertures,
Sur un tas d’botte de foin.

Quand je m’endors,
Je m’imagine être un pauvre pèlerin,
Et je m’endors en remerciant Ciel et Terre,
Comme un Amérindien.

Quand je m’endors,
Je m’imagine être rassasié de pain,
Et je m’endors en me souhaitant des rêves nouveaux
Au goût d’amours anciens.

Yougoslavie

Dans la gare de Sarajevo,

Un pigeon glisse
Sur les dalles de faux-marbre rouge.
Il atterrit
Avec la légèreté d’un rayon de soleil
Dans le grand hall.

Princesse Xena
Transforme ses névroses en cendres.
Elle réfléchit
Dans la profondeur de l’irréversible
À ce qu’elle fait.

Aquarium
Les voix résonnent dans le grand hall.
Il amplifie
Des bruits de pas le cliquetis d’une tasse un appel
À l’éternel.

Coca-Cola
Une fresque pétille de couleur.
Elle accueillait
Les voyageurs Yougoslaves avec un ourson
‘Dobrodošli !’

Jardin de fou,
Les corps s’épanchent comme à la plage.
Ils s’approprient
Le hangar coloré de jeux et de sucres
En marginaux.

Ô Marlboro
La femme en fichu fleuri fume.
Elle établit
En discours à table comme une ancienne mercenaire
Ses amertumes.

Un poème flotte
En poussière de temps suspendus.
Il adoucit
La plume déjà douce de la caresse du soleil
Dans le grand hall

De la gare de Sarajevo.

Poème de la House

Personne n’a senti ce courant d’air froid
En dessous de la lumière et au dessus du son
Ce courant d’air froid que personne n’a senti
Est passé entre la gestuelle et la mimique

Hypnotisé par la danse tribale sur la house music
En dessous de la lumière et au dessus du son
Personne n’a senti ce courant d’air froid
Qui passa entre la gestuelle et la mimique

 

Avenue des Volontaires

Épargnez le matin,

L’orange rosé, le pamplemousse,
La parquet doré, la blancheur du lit,
La fenêtre du printemps, le pépiement,
La beauté des verts sur le chemin matinal,

Cette matinée épargnez-la,

Qui se réveille sans enfance, par habitude,
Le café, le tabac, le trajet, le travail
Peut tout aussitôt se recoucher sans sommeil,
Il ne retrouvera plus la pureté du papier.

 

24

Reprends-moi,
Peut-être

Si tu as peur,
Depuis le balcon,
Penchée à la fenêtre

Si tu le veux,
Dans la cuisine,
Couchés sur le parquet

Je n’ai pas d’autre mensonge
Que mon ignorance de bonze

Mais tu es la première
À avoir percé mon être

Et pour cela,
Il t’appartient.

 

La Conscience Hypnotique

a.

Entraîne-toi à voir,

La danse envoûtante du buisson,
La puissance nouvelle de la lune,
La peau déchirante de l’alcool,
La pensée pêle-mêle de la danse,

La distance à soi dans le miroir de la chambre.

b.

Au Mont des Arts le poème observait…

Les Africains qui dansaient,
Les Adolescents qui skataient,
Les Sikhs Anglais qui aimaient,

Les retraités Espagnoles qui hallucinaient…